Juge depuis 20 ans, François Gérardin exerce sa passion dans les concours nationaux et internationaux. Photos Philippe RIEDINGER.

Pour la photo, il faut choisir un oiseau de couleur clair. Vous pouvez la prendre de biais ? Pendant ce temps-là, je poserais le bâton sur la cage, comme ça. » Les consignes de François Gérardin sont précises. Il faut dire que l’homme à l’œil. Et pour cause : cet éleveur de canaris a mis de côté ses petites bêtes le temps de quelques jours au profit de sa seconde casquette.

Si François Gérardin détient cinq races de canaris différentes, à Stiring-Wendel, avant l’arrivée des premiers visiteurs du salon de l’oiseau organisé par l’Amicale des éleveurs de canaris (AEC), il est surtout un expert à l’occasion du concours organisé pour les habitués. Sa mission : juger 400 volatiles en quelques jours.

« Tout juge est avant tout éleveur » Son coup d’œil ne tient rien du hasard. « C’est le résultat de plusieurs décennies d’expérience, renchérit-il. Tout juge est avant tout éleveur. » Trente-cinq années exactement que cet amoureux des animaux soigne, nourrit et scrute sous toutes les plumes des centaines de boules de plumes à chaque compétition. Sa passion pour les oiseaux est partie d’une simple idée d’étudiant : « C’est venu comme ça, en un jour. J’étudiais la génétique et j’ai eu envie d’appliquer mes connaissances sur un être vivant. Une rencontre avec un éleveur de canaris a été le déclic. »

Après deux années d’élevage, le jeune homme de l’époque aurait pu tout arrêter « car il faut savoir c’est que très compliqué et nous connaissons beaucoup de désillusions ». Mais, il a préféré rejoindre un club pour se perfectionner. Et commencer les concours. « La malchance, c’est de gagner. C’est ce qui donne le virus. Et l’envie de posséder encore plus d’espèces. »

Si ce champion de France et du monde détient aujourd’hui 60 couples – qui lui donnent près de 150 petits chaque année – l’expert mise surtout sur un aspect particulier. « Dans ce genre de concours, c’est la qualité qui prime et non la quantité. »

120 oiseaux notés en une journée

Un critère qu’il connaît particulièrement bien. Depuis plus de 20 ans, François est tombé dans la passion de l’expertise volatile. Une belle reconnaissance obtenue après un long travail. « Pour se voir remettre ce grade, il faut avoir 5 années d’élevage derrière soi. Et ensuite se lancer dans 3 années d’études. »

Stages auprès de professionnels, parrains sur lesquels s’appuyer sont les bases de formation. « Sans oublier les devoirs, sourit François Gérardin. C’est comme à l’école. Nous sommes régulièrement évalués, avec des copies à envoyer. Les concours, c’est du sérieux. »

En premier de la classe, l’homme n’a pas besoin d’antisèches lorsque le moment est venu d’enfiler sa casquette de juge. « Les critères, je les connais par cœur. Il existe des points fondamentaux et des complémentaires. »

Parmi le plus important, la lumière naturelle : « C’est hors de question d’allumer des lampes. Cela pourrait avoir des conséquences sur l’appréciation du plumage en modifiant sa couleur. »

D’autres points sont notés par les juges : la forme de l’oiseau, le maintient, la position des pattes ou encore l’harmonie entre la tête et la queue. Au total, plus de 120 candidats peuvent être expertisés en une seule journée.

Quant au chant des oiseaux, il n’est pas expertisé par le juge. Ce qui n’empêche pas les petits participants de siffler quelques notes avant et pendant leur grand oral. Comme une douce récompense aux oreilles de François Gérardin après des heures passées à en prendre plein la vue.

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